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Camping en Islande : ce qu’il faut savoir avant de partir

Sophie Nadal27 septembre 2026⏱ 9 min de lecture

Camping sauvage interdit, budget, météo, équipement et Camping Card : tout ce qu'il faut savoir avant de partir camper en Islande, étape par étape.

LES POINTS CLÉS DE CE GUIDE :

  • Le camping sauvage est très encadré depuis 2015 : hors terrain officiel, il est interdit dans la plupart des cas.
  • Comptez un budget modeste par nuit et par personne, nettement moins cher qu’une guesthouse.
  • La météo change vite et sans prévenir : consultez les prévisions et l’état des routes chaque jour.
  • Un équipement résistant au vent et à l’humidité fait toute la différence, même en été.
  • La Camping Card est intéressante si vous prévoyez un road trip de plusieurs semaines avec de nombreux arrêts.

Les différentes façons de camper en Islande

Camper en Islande peut prendre plusieurs formes, et le choix dépend surtout de votre budget et de la période de votre voyage. La tente classique, installée chaque soir sur un terrain de camping, reste la solution la plus économique et la plus flexible : vous louez une voiture, vous transportez votre équipement, et vous décidez chaque jour de votre étape suivante. C’est une option agréable en été, quand les nuits sont douces et lumineuses, mais beaucoup plus exigeante en dehors de la belle saison. Le véhicule équipé d’une tente de toit constitue un bon compromis : la tente se déplie en quelques minutes sur le toit de la voiture, souvent un 4×4, ce qui permet de s’éloigner un peu des routes principales. La plupart des loueurs fournissent aussi l’équipement de camping de base, comme une table, des chaises ou une glacière. Enfin, le van aménagé séduit les familles et les voyageurs qui recherchent davantage de confort : chauffage, plaque de cuisson, parfois des toilettes. C’est l’option la plus onéreuse des trois, mais aussi la seule vraiment adaptée à un voyage hors été, quand le froid et le vent rendent la tente plus difficile à vivre.

Camping organisé ou camping sauvage : ce que dit la loi

Beaucoup de voyageurs imaginent l’Islande comme un immense terrain de bivouac à ciel ouvert. C’est en réalité de moins en moins vrai. Depuis 2015, la loi islandaise encadre strictement le camping sauvage, et des sanctions sont appliquées depuis 2017 pour dissuader les campeurs indisciplinés. Concrètement, planter sa tente, garer son van ou installer sa caravane est interdit sur tout terrain qui n’est pas prévu à cet effet, sauf autorisation explicite du propriétaire pour un terrain privé. Une exception existe : il est possible de camper une seule nuit sur un terrain non cultivé, à condition qu’aucun camping ne se trouve à proximité, et uniquement si vous voyagez à pied ou à vélo. Pour tous les autres profils de voyageurs, notamment ceux qui se déplacent en voiture ou en van, la règle est simple : on dort sur un terrain de camping officiel. Avec un grand nombre de terrains répartis dans tout le pays, en particulier autour de la route circulaire, trouver une solution ne pose généralement pas de difficulté, même en dehors des grandes villes.

Combien coûte une nuit de camping en Islande ?

Le camping reste, et de loin, l’hébergement le moins cher pour visiter l’Islande, un pays où le logement pèse lourd dans le budget d’un voyage. Comptez un tarif modeste par personne et par nuit sur la plupart des terrains, généralement réglé sur place, en espèces ou par carte. Attention toutefois : certains services ne sont pas toujours inclus dans ce tarif de base, comme l’eau chaude pour la douche ou l’accès à l’électricité, qui peuvent faire l’objet d’un supplément. Sur les emplacements les plus simples, parfois sans personnel sur place, un gardien passe en fin de journée pour encaisser le prix de la nuit. Gardez toujours un peu de monnaie ou votre carte bancaire à portée de main, la connexion internet n’étant pas garantie partout pour un paiement en ligne.

Quelle période choisir pour partir camper ?

La grande majorité des terrains de camping islandais ouvrent au printemps et ferment à l’automne, la période estivale, de juin à août, restant la plus confortable pour dormir sous tente. Les nuits sont douces, la lumière quasi permanente facilite l’organisation des journées, et l’ensemble du réseau de campings fonctionne à plein régime. Voyager au printemps ou en début d’automne reste possible, avec moins de monde sur les routes, mais vérifiez bien les dates d’ouverture de chaque camping avant de fixer votre itinéraire, certains n’étant accessibles que sur une fenêtre assez courte. Camper en plein hiver islandais, avec des températures négatives, un vent violent et une luminosité réduite à quelques heures par jour, relève d’un profil de voyage bien plus exigeant, réservé aux campeurs expérimentés et correctement équipés, ou à privilégier avec un van aménagé et chauffé plutôt qu’une tente classique.

La météo, le vrai sujet à ne jamais sous-estimer

S’il y a un point sur lequel tous les voyageurs expérimentés insistent, c’est la météo. En Islande, elle peut changer radicalement en quelques minutes, quelle que soit la saison : une belle éclaircie peut virer à la tempête de vent en un rien de temps, avec des rafales capables de plier une tente mal fixée ou d’arracher un auvent. Ces épisodes peuvent aussi entraîner la fermeture temporaire de certaines routes, en particulier les pistes de l’intérieur du pays. Le réflexe à prendre avant de partir, et à répéter chaque jour du séjour, consiste à consulter les prévisions officielles islandaises ainsi que les alertes routières diffusées par les autorités locales de sécurité. Ce sont des ressources gratuites, en anglais, et bien plus fiables que les applications météo génériques pour anticiper un changement soudain.

Quel équipement emporter pour camper sereinement

Un équipement bien choisi fait une différence énorme sur le confort du séjour, davantage encore qu’ailleurs en Europe, tant les conditions peuvent être changeantes.

  • Une tente conçue pour résister au vent fort, avec des arceaux solides et de nombreux points d’ancrage, plutôt qu’une tente légère pensée pour un camping classique.
  • Un sac de couchage adapté aux nuits fraîches, même en été, la température pouvant descendre nettement la nuit.
  • Un matelas isolant plutôt qu’un simple matelas gonflable basique, pour se protéger du froid qui monte du sol.
  • Un réchaud compact et une réserve de gaz, en sachant que les bouteilles françaises ne sont pas toujours compatibles avec les raccords vendus sur place.
  • Une lampe frontale, utile hors saison estivale, quand les nuits redeviennent sombres.
  • Des vêtements techniques en plusieurs couches, coupe-vent et imperméables, plutôt qu’un seul gros manteau.
  • Des bouchons d’oreilles, particulièrement appréciés les nuits de grand vent.

Trouver du matériel et du gaz sur place

Il n’est pas nécessaire de tout emporter depuis la France. Les grandes surfaces spécialisées dans l’équipement outdoor, présentes notamment à Reykjavík, vendent des bouteilles de gaz aux raccords compatibles avec les réchauds les plus courants, ainsi que la plupart des petits équipements que vous auriez pu oublier. Une astuce largement partagée par les voyageurs : de nombreux campeurs terminant leur séjour dans la capitale y laissent leur bouteille de gaz encore à moitié pleine, leurs vivres restants ou du petit matériel qu’ils ne veulent pas rapporter. Un passage au camping de Reykjavík en fin de saison, notamment en août, peut permettre de belles trouvailles gratuites ou à prix cassé.

Ce que proposent réellement les campings islandais

Les infrastructures varient beaucoup d’un terrain à l’autre. Certains campings se limitent à un grand terrain herbeux où poser sa tente, avec des sanitaires basiques et un point d’eau. D’autres, plus organisés, disposent d’emplacements délimités, de bornes électriques, d’une cuisine commune chauffée avec plaques et éviers, voire d’équipements plus haut de gamme comme une piscine ou un espace détente. Cette cuisine commune est d’ailleurs une bonne surprise pour beaucoup de campeurs : elle permet de cuisiner à l’abri du vent et de la pluie, sans dépendre entièrement de son réchaud, ce qui explique que de nombreux voyageurs repartent finalement avec leur bouteille de gaz presque intacte.

La Camping Card, un bon plan pour les longs séjours

Pour les voyages de plusieurs semaines avec de nombreuses étapes, une carte de camping permettant un accès illimité à un large réseau de terrains partenaires peut représenter une économie appréciable par rapport à un paiement à la nuitée. Elle est en revanche moins intéressante pour un court séjour ou un itinéraire avec peu d’arrêts en camping, le calcul dépendant surtout du nombre de nuits prévues et du nombre de personnes qui voyagent ensemble. Avant de l’acheter, comparez simplement le coût de la carte au tarif habituel d’une nuitée multiplié par le nombre de nuits que vous prévoyez réellement de passer en camping.

Nos conseils pratiques avant de partir

  • Réservez un véhicule adapté à la saison : un 4×4 devient utile hors des grands axes, surtout en dehors de l’été.
  • Prévoyez un budget nourriture réaliste, les courses en supermarché restant plus abordables que les restaurants sur la majorité du parcours.
  • Emportez des sacs étanches pour protéger vos affaires en cas de pluie prolongée.
  • Respectez les sentiers balisés et les zones autorisées : la nature islandaise est fragile et met parfois des années à se régénérer après un simple passage hors piste.
  • Ne laissez jamais de déchets sur un terrain, même sauvage et autorisé : chaque campeur repart avec ce qu’il a apporté.

Bien préparé, un séjour en camping en Islande devient une formidable façon de dormir au plus près des paysages, sans jamais perdre de vue que le climat, ici plus qu’ailleurs, reste maître du jeu.