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Comment choisir ses chaussures de randonnee ?

Sophie Nadal16 septembre 2026⏱ 9 min de lecture

Une chaussure de randonnée bien choisie protège vos pieds et vos chevilles sur des heures de marche, tandis qu’une paire inadaptée transforme la plus belle sortie en calvaire d’ampoules ou d’entorse. Le bon modèle dépend d’abord de votre terrain, du dénivelé et du poids que vous portez sur le dos. Voici comment décider sans vous tromper.

En bref : comment choisir ses chaussures de randonnée ?

Pour aller à l’essentiel, retenez cette méthode en cinq points.

  • Définissez votre usage avant tout : marche légère, moyenne montagne ou haute montagne.
  • Choisissez la hauteur de tige selon le maintien recherché : basse, mi-haute ou haute.
  • Vérifiez la semelle : crampons profonds pour l’accroche, semelle intermédiaire pour l’amorti et la rigidité.
  • Décidez de l’imperméabilité : membrane type Gore-Tex si vous marchez souvent dans l’humidité, aération si vous randonnez au sec et au chaud.
  • Prenez une demi-pointure au-dessus et essayez en fin de journée, avec vos chaussettes de rando et vos semelles habituelles.

Quel type de chaussure selon votre usage ?

Le premier critère n’est pas la marque ni le prix mais le type de pratique. Une même personne peut avoir besoin de deux paires très différentes selon qu’elle part une heure sur un chemin plat ou trois jours en altitude avec un sac lourd.

Marche légère et randonnée à la journée

Pour les sentiers roulants, les balades en forêt, les chemins de campagne et la randonnée à la journée sans gros dénivelé, une chaussure basse et souple suffit. Elle est légère, respirante et confortable dès la première sortie. On l’apprécie aussi pour les voyages où l’on marche beaucoup en ville et sur des sentiers faciles. Son maintien de cheville reste limité donc elle convient mal aux terrains très accidentés ou au port d’un sac chargé.

Moyenne montagne et randonnée itinérante

C’est le usage le plus courant et le plus polyvalent. Sur des sentiers de moyenne montagne, avec du dénivelé, des passages caillouteux et un sac de 8 à 15 kilos, optez pour une chaussure mi-haute ou montante, plus rigide et mieux protégée. Elle offre un bon compromis entre maintien, accroche et confort. Si vous ne deviez posséder qu’une seule paire pour la plupart des randonnées françaises, ce serait celle-ci.

Haute montagne et terrains techniques

Pour l’alpinisme léger, les longs treks en altitude, les pierriers, les névés ou le port d’un sac lourd sur plusieurs jours, il faut une chaussure haute, rigide et très protectrice. La semelle épaisse et raide assure la stabilité sur terrain instable, et certains modèles acceptent des crampons semi-automatiques. Ces chaussures sont lourdes et demandent un temps d’adaptation donc elles sont contre-productives sur un simple chemin de promenade.

La hauteur de tige : quel maintien pour quel terrain ?

La tige est la partie qui enveloppe le dessus du pied et la cheville. Sa hauteur détermine directement le maintien articulaire et la protection contre les torsions.

  • Tige basse : liberté de mouvement maximale, poids réduit, idéale sur terrain facile et pour les marcheurs qui préfèrent la souplesse.
  • Tige mi-haute : bon compromis, elle soutient légèrement la cheville tout en gardant de la mobilité, parfaite pour la moyenne montagne.
  • Tige haute : maintien maximal de la cheville sur les terrains accidentés et avec un sac lourd, au prix d’un poids et d’une rigidité plus élevés.

Une idée reçue mérite d’être corrigée : une tige haute ne protège pas magiquement de l’entorse. Le maintien vient surtout d’un laçage bien réglé et d’une bonne musculature. Une cheville habituée à travailler dans une chaussure basse peut être plus solide qu’une cheville toujours enfermée dans une tige haute.

Semelle et accroche : le contact avec le sol

La semelle se lit sur trois niveaux. La semelle extérieure assure l’accroche grâce à ses crampons : plus ils sont profonds et espacés, mieux ils mordent la boue, l’herbe mouillée et la roche. Une gomme tendre adhère mieux sur le rocher sec mais s’use plus vite.

La semelle intermédiaire gère l’amorti et la rigidité. Une semelle souple est agréable sur terrain plat, une semelle rigide protège la plante du pied sur les cailloux et stabilise le pas en descente technique. Enfin la semelle de propreté, à l’intérieur, se change souvent au profit d’une semelle anatomique adaptée à votre pied.

Regardez aussi le pare-pierres, ce renfort à l’avant qui protège les orteils des chocs, et la présence de crochets de laçage autobloquants qui permettent de serrer différemment le bas et le haut du pied.

Imperméabilité et Gore-Tex : utile ou non ?

Une membrane imperméable et respirante, dont le Gore-Tex est l’exemple le plus connu, empêche l’eau d’entrer tout en laissant s’évacuer une partie de la transpiration. Elle est précieuse pour les randonnées sous la pluie, dans la neige, la rosée du matin ou les terrains détrempés.

Cette membrane a toutefois un revers : elle rend la chaussure moins respirante par forte chaleur, et une fois l’eau entrée par le haut de la tige elle sèche lentement. Pour une randonnée estivale au sec, une chaussure aérée sans membrane est souvent plus confortable et sèche plus vite. Choisissez donc l’imperméabilité en fonction de votre climat et de votre saison de pratique, pas par principe.

Le poids : un critère qui compte à chaque pas

On dit souvent qu’un kilo aux pieds fatigue autant que plusieurs kilos sur le dos. Le poids influe directement sur l’endurance sur les longues distances. Une chaussure légère économise vos jambes mais protège et maintient moins. Une chaussure lourde sécurise le terrain difficile mais réclame plus d’effort. Cherchez le poids le plus faible compatible avec votre usage réel, sans sacrifier la protection dont vous avez besoin.

Comment bien choisir la pointure et réussir l’essayage ?

C’est l’étape la plus négligée et pourtant la plus décisive. Une pointure mal choisie ruine la meilleure des chaussures.

  1. Essayez en fin de journée : le pied gonfle au fil des heures et à la marche, comme il le fera en randonnée.
  2. Portez vos chaussettes de randonnée et glissez vos semelles habituelles si vous en utilisez.
  3. Prévoyez de l’espace à l’avant : pied à plat, vous devez pouvoir glisser un doigt derrière le talon, ou compter environ un centimètre devant les orteils. En descente le pied avance et les ongles ne doivent jamais buter.
  4. Testez une pente : la plupart des magasins ont un plan incliné. En montée le talon ne doit pas décoller, en descente les orteils ne doivent pas toucher le bout.
  5. Marchez plusieurs minutes et repérez tout point de pression, couture gênante ou glissement du talon.

Prenez généralement une demi-pointure à une pointure au-dessus de votre taille de ville. Tenez compte de la forme de votre pied : largeur, cambrure, volume. Une chaussure trop étroite provoque des ampoules sur les côtés, une chaussure trop large laisse le pied bouger et frotter.

Entretenir ses chaussures pour les faire durer

Un bon entretien double facilement la durée de vie d’une paire.

  • Nettoyez après chaque sortie boueuse : brosse douce, eau claire, sans détergent agressif.
  • Séchez à l’air libre, jamais près d’un radiateur ni au soleil direct qui craquellent le cuir et décollent les colles. Bourrez l’intérieur de papier pour absorber l’humidité.
  • Nourrissez le cuir avec un produit adapté et réactivez régulièrement l’imperméabilité par un traitement déperlant.
  • Retirez les semelles intérieures pour les faire sécher séparément.
  • Stockez au sec et à l’abri de la chaleur, lacets desserrés.

Les erreurs à éviter

  • Acheter trop juste pour garder sa pointure habituelle : c’est la première cause d’ongles noirs et d’ampoules en descente.
  • Partir en rando avec une paire neuve : faites toujours vos chaussures sur quelques courtes marches avant une longue sortie.
  • Choisir une chaussure trop technique pour un usage simple : une chaussure de haute montagne sur un chemin plat fatigue inutilement.
  • Négliger les chaussettes : une bonne paire de chaussettes de randonnée, sans couture agressive, change tout dans le confort et la prévention des ampoules.
  • Se fier au seul look ou à un avis unique sans tenir compte de la forme de son propre pied.

Tableau récapitulatif : quelle chaussure pour quelle pratique ?

Usage Tige Rigidité Priorité
Marche légère, balade à la journée Basse Souple Légèreté et confort immédiat
Moyenne montagne, itinérance Mi-haute à haute Semi-rigide Polyvalence, maintien et accroche
Haute montagne, terrain technique Haute Rigide Stabilité, protection et sécurité

Questions fréquentes

Faut-il toujours des chaussures montantes en randonnée ?

Non. Les chaussures montantes sont utiles sur terrain accidenté ou avec un sac lourd, mais une chaussure basse convient très bien aux sentiers faciles et soulage la fatigue. Le maintien dépend surtout du laçage et de votre condition physique.

Le Gore-Tex est-il indispensable ?

Pas systématiquement. Une membrane imperméable est précieuse par temps humide ou froid, mais elle réduit la respirabilité par forte chaleur. Pour la randonnée estivale au sec, une chaussure aérée est souvent plus agréable et sèche plus vite.

Quelle pointure choisir pour la randonnée ?

En général une demi-pointure à une pointure au-dessus de votre taille de ville, pour laisser de la place aux orteils en descente. Essayez toujours en fin de journée, avec vos chaussettes de rando, et testez une pente si possible.

Combien de temps pour faire ses chaussures ?

Comptez plusieurs sorties courtes, soit quelques dizaines de kilomètres, avant une longue randonnée. Cela laisse le temps au cuir ou au textile de s’assouplir et à votre pied de repérer d’éventuels points de gêne.